Quand on voyage un mois ou deux, on enchaîne et on enchaîne encore les réveils, les destinations et les kilomètres sans rechigner, en se disant simplement qu’on se reposera au retour même si ce n’est jamais vraiment le cas mais quand on part 6 mois, il arrive un moment où le répit paraît lointain, la moindre coupure de rythme apportant une excuse pour s’affaler, le regard dans le vide sur le premier coussin disponible.

 

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A Athènes, outre le maniement des gourdins, nous découvrirons sa vie nocturne faite de concerts et spectacles permanents et puis nous profiterons des journées à ne rien faire, ou plutôt à être tellement empâtés que quand nous déciderons de sortir, le soleil ne sera déjà qu’un souvenir. Nos pénates ont tout de même traîné jusqu’à l’esplanade de l’acropole qui était déjà fermée évidemment. Pas de problème ! On avait un plan de rechange. Quelqu’un qui n’entend rien à l’escalade nous a parlé de l’éventuelle possibilité de trouver un site sur une colline à l’Est, de ce côté-ci, pas loin, là-bas derrière, ajoutant à cela une chorégraphie des bras digne des meilleurs danseurs de flamenco sans toutefois qu’elle paraisse avoir un rapport direct avec ce qu’il racontait. Nous étions suspendus à la simple idée de trouver cette falaise comme si c’était le saint Graal lui-même, d’autant que les informations contradictoires nous laissaient imaginer un véritable kaléidoscope de rochers tous plus grimpables les uns que les autres. Nous avons cependant été de bien piètres quêteurs car, à force de tours et détours, de ruminations sur notre sort et sur celui des athéniens qui, les pauvres, avaient des falaises si dures à trouver, nous n’avons levé que des blocs cachés par une rangée d’arbres grâce au « Poumf ! » étouffé mais rebondi d’un crash-pad. Quelques mouvements plus tard, notre peau des doigts était assez broutée pour que nous puissions penser reprendre notre route, direction l’autre bord de la mer, plus au Sud.

 

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